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samedi 17 novembre 2007

La possibilité de lire

Chez moi, il y a eu une interruption de la connexion Internet du jeudi soir au samedi après midi.
C'était... difficile.

Mais rassures toi je m'en suis sorti même si de petits tremblements de manque me venaient de temps à autres. D'ailleurs j'ai consacré un peu plus de temps à la lecture (papier) que d'habitude en lisant (parcourant) encore un fois le roman de Michel Houllebecq : "La possibilité d'une île". C'est simple, j'adore ce roman et je me lasse pas de relire mes passages préférés. En voici un (court, car tout recopier c'est chiant) :

"Une très jolie jeune fille, traitée avec des égards constants et des attentions démesurées par l'ensemble de la population masculine, y compris par ceux -l'immense majorité- qui n'ont plus aucun espoir d'en obtenir une faveur d'ordre sexuel, et même à vrai dire tout particulièrement par eux, avec une émulation abjecte confinant chez certains quinquagénaires au gâtisme pur et simple, une très jolie jeune fille devant qui tous les visages s'ouvrent, toutes les difficultés s'aplanissent, accueillie partout comme si elle était la reine du monde, devient naturellement une espèce de monstre d'égoïsme et de vanité autosatisfaite [...]. Leur rang cède rapidement la place chez la plupart des très jolies jeunes filles à une sensation de supériorité innée, naturelle, instinctive, qui les place entièrement en dehors, et largement au-dessus du reste de l'humanité. Chacun autour d'elle n'ayant pour objectif que de lui éviter toute peine, et de prévenir le moindre de ses désirs, c'est tout uniquement qu'une très jolie jeune fille en vient à considérer le reste du monde comme composé d'autant de serviteurs, elle-même n'ayant pour seule tâche que d'entretenir sa propre valeur érotique.

[...] Comme toutes les très jolies jeunes filles elle (Esther) n'était au fond bonne qu'à baiser, et il aurait été stupide de l'employer à autre chose, de la voir autrement que comme un animal de luxe, en tout choyé et gâté, protégé de tout souci comme de toute tâche ennuyeuse ou pénible afin de mieux pouvoir se consacrer à son service exclusivement sexuel. Elle n'en était pas moins très loin d'être ce monstre d'arrogance, d'égoïsme absolu et froid, ou, pour parler en termes plus baudelairiens, cette infernale petit salope que sont la plupart des très jolies jeunes filles ; il y avait en elle la conscience de la maladie, de la faiblesse et de la mort."

Chapitre : Daniel 1, 15 - page 220

PS : En recopiant le roman j'écoutais le concert de FIP avec Rufus Wainwright en direct du studio 104 de Radio France. Très sympa : -)

dimanche 19 août 2007

Le Surhumain

Lorsque Zarathoustra arriva dans la ville voisine qui se trouvait le plus près des bois, il y vit une grande foule rassemblée sur la place publique : car on avait annoncé qu’un danseur de corde allait se montrer. Et Zarathoustra parla au peuple et lui dit :

''Je vous enseigne le Surhumain.'' L’homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu’avez-vous fait pour le surmonter ? Tous les êtres jusqu’à présent ont créé quelque chose au-dessus d’eux, et vous voulez être le reflux de ce grand flot et plutôt retourner à la bête que de surmonter l’homme ? Qu’est le singe pour l’homme ? Une dérision ou une honte douloureuse. Et c’est ce que doit être l’homme pour le surhumain : une dérision ou une honte douloureuse. Vous avez tracé le chemin qui va du ver jusqu’à l’homme et il vous est resté beaucoup du ver de terre. Autrefois vous étiez singe et maintenant encore l’homme est plus singe qu’un singe. Mais le plus sage d’entre vous n’est lui-même qu’une chose disparate, hybride fait d’une plante et d’un fantôme. Cependant vous ai-je dit de devenir fantôme ou plante ?

Voici, je vous enseigne le Surhumain ! Le Surhumain est le sens de la terre. Que votre volonté dise : que le Surhumain soit le sens de la terre. Je vous en conjure, mes frères, ''restez fidèles à la terre'' et ne croyez pas ceux qui vous parlent d’espoirs supraterrestres ! Ce sont des empoisonneurs, qu’ils le sachent ou non. Ce sont des contempteurs de la vie, des moribonds et des empoisonnés eux-mêmes, de ceux dont la terre est fatiguée : qu’ils s’en aillent donc ! Autrefois le blasphème envers Dieu était le plus grand blasphème, mais Dieu est mort et avec lui sont morts ses blasphémateurs. Ce qu’il y a de plus terrible maintenant, c’est de blasphémer la terre et d’estimer les entrailles de l’impénétrable plus que le sens de la terre ! Jadis l’âme regardait le corps avec dédain, et rien alors n’était plus haut que ce dédain : elle le voulait maigre, hideux, affamé ! C’est ainsi qu’elle pensait lui échapper, à lui et à la terre ! Oh ! cette âme était elle-même encore maigre, hideuse et affamée : et pour elle la cruauté était une volupté ! Mais, vous aussi, mes frères, dites-moi : votre corps, qu’annonce-t-il de votre âme ? Votre âme n’est-elle pas pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même ?

En vérité, l’homme est un fleuve impur. Il faut être devenu océan pour pouvoir, sans se salir, recevoir un fleuve impur. Voici, je vous enseigne le Surhumain : il est cet océan ; en lui peut s’abîmer votre grand mépris. Que peut-il vous arriver de plus sublime ? C’est l’heure du grand mépris. L’heure où votre bonheur même se tourne en dégoût, tout comme votre raison et votre vertu.

L’heure où vous dites : « Qu’importe mon bonheur ! Il est pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même. Mais mon bonheur devrait légitimer l’existence elle-même ! »

L’heure où vous dites : « Qu’importe ma raison ? Est-elle avide de science, comme le lion de nourriture ? Elle est pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même ! »

L’heure où vous dites : « Qu’importe ma vertu ! Elle ne m’a pas encore fait délirer. Que je suis fatigué de mon bien et de mon mal ! Tout cela est pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même. »

L’heure où vous dites : « Qu’importe ma justice ! Je ne vois pas que je sois charbon ardent. Mais le juste est charbon ardent ! »

L’heure où vous dites : « Qu’importe ma pitié ! La pitié n’est-elle pas la croix où l’on cloue celui qui aime les hommes ? Mais ma pitié n’est pas une crucifixion. »

Avez-vous déjà parlé ainsi ? Avez-vous déjà crié ainsi ? Hélas, que ne vous ai-je déjà entendus crier ainsi ! Ce ne sont pas vos péchés — c’est votre contentement qui crie contre le ciel, c’est votre avarice, même dans vos péchés, qui crie contre le ciel ! Où donc est l’éclair qui vous léchera de sa langue ? Où est la folie qu’il faudrait vous inoculer ? Voici, je vous enseigne le Surhumain : il est cet éclair, il est cette folie !

Quand Zarathoustra eut parlé ainsi, quelqu’un de la foule s’écria : « Nous avons assez entendu parler du danseur de corde ; faites-nous-le voir maintenant ! » Et tout le peuple rit de Zarathoustra. Mais le danseur de corde qui croyait que l’on avait parlé de lui se mit à l’ouvrage.

Première partie, verset 3,
Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche (1885).


C'est excellent ! Je te conseille de lire ou de relire cette oeuvre en suivant ce lien.

mercredi 15 août 2007

Harry Potter 7

Tu es pressé de vouloir lire le dernier tome d'Harry Potter mais malheureusement tu ne comprends rien à l'anglais ?

Et bien rassures toi car si tu ne peux pas attendre le 26 octobre prochain, il te suffit de te diriger sur ce lien et télécharger "Les Reliques de la Mort" en français. So easy !


Le roman à été intégralement traduit par des fans et pour l'instant après avoir lu le premier chapitre je dois dire que c'est plutôt pas mal. Cependant d'après des dires, la suite serait de moins bonne qualité. Ce qui est compréhensible car traduire aussi vite par de simples amateurs c'est plutôt impressionnant.

Même si ce n'est pas la peine, je me dois tout de même de préciser que c'est bien sûr illégal. Mais autant en profiter pour que celui qui va aller en prison pour ses méfaits n'y aille pas pour rien... o.O

PS : dépêches toi car le lien risque de ne plus exister bien longtemps...

mardi 9 janvier 2007

La fascination du pire

"Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage."

Cette phrase est la première du roman de Florian Zeller. Roman que j'ai fini de lire aujourd'hui, et je n'ai pas regretté le voyage qui nous emmène en Egypte.


Ce bouquin, très polémique, se trouve être assez drôle surtout lors des discusions sur l'Islam. Même s'il y a beaucoup de racouris voir de carricatures, il y a un fond de vérité qui, je pense, prend de plus en plus d'ampleur. Cependant, ce livre qui se lit bien et vite (voir trop) porte bien son titre "La fascination du pire".